23 novembre 1939. L’orage gronde sur l’Europe. Après avoir conquis les Sudètes, la Tchécoslovaquie et la Pologne, Hitler décide d’attaquer la France et le Royaume-Uni au plus tôt. Une entreprise que ses généraux jugent suicidaire, mais le Führer impose sa loi. Il est convaincu que ses intuitions valent mieux que tous leurs galons. La postérité a consacré Adolf Hitler en chef de guerre implacable et en stratège inspiré. Mais qu’en est-il réellement ?
12 mars 1947. Le Président Truman sonne l’alerte : le communisme menace, il se propage comme une épidémie, il faut endiguer le fléau, préserver le monde libre de la contamination… Dans la nouvelle guerre qui s’annonce, tous les moyens sont bons pour contrer l’ennemi même les plus inattendus. Le Plan Marshall en fait partie. Ce plan a ainsi sauvé́ l’Europe de la misère et du chaos légués par la Seconde Guerre mondiale et a contribué au redressement matériel et moral du vieux continent, mais à quel prix ?
4 juillet 1945. L’Amérique fait grise mine car dans le Pacifique, la Seconde Guerre mondiale joue les prolongations : le Japon oppose une résistance acharnée. Une course contre la montre s’engage alors entre Truman et Staline pour le contraindre à la capitulation. Le 16 juillet, après le succès de l’essai Trinity, Truman dispose d’un nouvel atout : la bombe atomique. La postérité a présenté la tragédie d’Hiroshima et de Nagasaki comme le seul motif de la capitulation japonaise. Or, si cette affirmation est loin d’être erronée, elle omet le rôle d’un acteur fondamental dans le dénouement du second conflit mondial : l’Armée Rouge.
1er octobre 1949. Après des années de lutte et d’engagement révolutionnaire, Mao Zedong proclame l’avènement de la République populaire de Chine. En accédant au pouvoir, il n’a qu’une seule ambition : rendre à son pays sa puissance légendaire, lui restituer son rayonnement d’antan. L’an zéro de la Chine moderne vient de commencer... Pourtant, si le Grand Timonier a ouvert une nouvelle ère pour l’Empire du Milieu, ce n’est pas lui qui a fait passer son pays de l’immobilisme et du confinement au rang de grande puissance mondiale.
L'histoire nous a légué de la Suisse l'image d'un pays à la neutralité exemplaire. Et pourtant, durant la Seconde Guerre mondiale, la Confédération helvétique s'est écartée de ses valeurs et la bonne marche des affaires a généralement prévalu sur toute autre considération. Ainsi, Berne a réussi à préserver l'intégrité de son territoire et sa prospérité en s'arrangeant avec ses principes fondamentaux.
Le débarquement allié de Normandie reste dans les mémoires comme une épopée héroïque couronnée d'un immense succès. Et pourtant, entre mésententes des chefs, planifications hâtives, problèmes logistiques, aléas climatiques et impréparation des soldats, l'opération a bien failli tourner au fiasco...
De la fin de l'Empire britannique, la postérité nous a légué l'image d'une décolonisation exemplaire. Le gouvernement de Sa Majesté aurait ainsi assuré aux peuples placés sous sa domination une transition pacifique vers l'indépendance. En réalité, la couronne n'a lâché ses joyaux coloniaux qu'au prix d'une répression aveugle d'une violence extrême.
Jean-Paul II était-il vraiment un pape moderne, champion des libertés ? Exploration de ses zones d'ombre... Jean-Paul II (1978-2005) aurait contribué à la chute du mur de Berlin et restauré l'image d'une Église en perte de vitesse. La canonisation rapide qui a suivi sa mort a-t-elle participé à effacer les zones d’ombre de son héritage ? Jusqu'au bout, le prélat polonais, qui avait su avec le syndicat Solidarnosc galvaniser la résistance de son peuple au totalitarisme soviétique, fut aussi le héraut d'une offensive conservatrice, condamnant tour à tour la "théologie de la libération" latino-américaine, l'avortement et, en pleine pandémie du sida, l'usage du préservatif. Allié discret des dictateurs argentin et chilien soutenus par Washington, il a aussi en 2003 permis à l'archevêque de Boston, accusé d'avoir couvert durant des décennies des prêtres pédophiles, d'échapper à la justice américaine.
En 1981, dans un pays miné par la récession, Ronald Reagan devient le 40e président des États-Unis. La postérité a laissé de l’ancien acteur de série B l'image désastreuse d’un chef d'État incompétent et gaffeur. Mais il fut aussi un orateur remarquable qui, grâce à son intuition politique, a fait de sa présidence un véritable blockbuster. Si, d'emblée, ses lacunes éclatent au grand jour, ses conseillers profitent d’un attentat raté pour scénariser avec soin ses apparitions ultérieures. Fort d'une popularité solide, il procède alors à la plus forte hausse d’impôts de toute l’histoire des États-Unis en raison d'un déficit abyssal, puis surfant sur une reprise économique qui n’est pas de son fait, se fait réélire triomphalement, afin d'attaquer son ennemi de toujours, le communisme. Et quand le scandale Iran-Contra rattrape son administration, il entreprend de mettre fin à quarante ans de guerre froide, face à un Gorbatchev prêt à toutes les concessions…
De la guerre d'Indochine (1946-1954) à celle du Viêtnam (1955-1975), un retour éclairant sur trois décennies d'un conflit qui, avant tout, a dressé les Vietnamiens les uns contre les autres. La guerre du Viêtnam (1955-1975), qui a succédé presque immédiatement à celle d'Indochine (1946-1954), est restée dans la mémoire collective comme la victoire d’un mouvement de libération nationale contre l’impérialisme américain. Un an après les accords de Genève (1954) consacrant la défaite de la puissance coloniale française et la division du pays entre le Nord communiste de Hô Chi Minh et la république nationaliste du Sud, Washington décide en effet de soutenir cette dernière, et s’investit de plus en plus lourdement, en troupes et en armements, dans le conflit. Cet engagement massif a occulté la tragique guerre civile qui a dressé les Vietnamiens les uns contre les autres pendant plus de vingt ans, soumis à deux dictatures antagonistes.
Comment, de 1945 à 1953, l’obsession anticommuniste du président américain a déclenché une guerre d’influence d’envergure planétaire entre les deux superpuissances. La postérité a fait de l’Union soviétique de Staline l’instigatrice de la guerre froide. Mais contrairement à cette idée reçue, ce sont les États-Unis qui, après la mort de Roosevelt, ont provoqué l’engrenage. Entre malentendus et décisions inadaptées, l’anticommunisme obsessionnel de leur nouveau président Harry Truman, resté dans l’ombre jusqu’à son accession à la Maison-Blanche, en avril 1945, a engendré une escalade irréversible. De la décision de larguer deux bombes atomiques sur le Japon à la guerre de Corée en passant par la chasse aux sorcières maccarthyste, son messianisme belliqueux a balayé les faibles velléités de coopération entre les superpuissances américaine et soviétique, nées de leur alliance victorieuse pendant la Seconde Guerre mondiale. Cet épisode détaille la succession des événements qui entraînent l
En 2007, la bulle spéculative de l'immobilier américain explose. L'Union européenne, elle, n'a jamais paru aussi solide, profitant d'une croissance stable et d'un chômage sous contrôle. Pourtant, ses banques ont largement misé sur les placements américains à haut rendement et une cinquantaine d'entre elles se voient rapidement incapables de faire face à leurs responsabilités.
En 1945, les Alliés doivent prendre en charge le destin des Juifs ayant survécu à l'Holocauste. Mise en sommeil durant le conflit, la question de la création d'un État juif en Palestine revient alors sur le devant de la scène géopolitique. À la tête du mouvement sioniste, David Ben Gourion réclame que les survivants puissent librement émigrer en Terre Promise, ce qui crée des dissensions parmi les pays vainqueurs. Une aubaine pour Staline qui y voit l'opportunité de prendre pied au Moyen Orient.
La postérité a fait du nazisme une affaire strictement allemande. Et pourtant ! C’est occulter le rôle de laboratoire joué par l’Autriche dans l’entreprise meurtrière du IIIe Reich. Le pays a non seulement fourni au régime nazi un vivier de dirigeants de premier plan, mais il s’est érigé en pionnier dans l’expérimentation des politiques de persécution et d’extermination qui furent plus tard généralisées par les Allemands.
La postérité nous a légué de la Résistance l'image de partisans agissants seuls contre l'occupant nazi. Et pourtant dans bien des pays sous tutelle, ces réseaux clandestins ont été mobilisés, organisés et financés par un service secret britannique : le S.O.E. Mais à vouloir défendre la liberté des peuples tout en ménageant des intérêts stratégiques, ces interventions se sont parfois muées en ingérence et ont façonné l'après-guerre. Pour le meilleur et pour le pire.